dimanche 28 octobre 2007

La Kokarde de Leuven !

Il m’aura donc fallu non moins de six semaines avant de trouver à Leuven l’équivalent de la Kokarde (*), mais alors quelle surprise - alors que je pensais que celle-ci était parfaitement unique – de retrouver ici quasiment toutes les caractéristiques de l’originale !

Comme la Kokarde, le Seven Oaks est situé en sous-sol. Comme la Kokarde, la salle est relativement petite, basse de plafond et sombre. Comme la Kokarde, la décoration laisse parfois à désirer. Comme à la Kokarde, la musique bat son plein pendant que la bière coule à flots. Comme (parfois) à la Kokarde, les enchainements musicaux laissent parfois à désirer. Comme à la Kokarde, il est possible d’y rencontrer des gens plus ou moins saouls, avec généralement une très bonne corrélation entre le degré d’alcoolémie et l’heure qu’il est. Comme à la Kokarde surtout, le temps ne semble pas s’écouler comme à l’extérieur, en effet, lorsque l’on y rentre pour 5 minutes, on en ressort généralement 5 heures plus tard.

Évidemment, ce n’est tout de même pas exactement la Kokarde. Que manque-t-il pour que cet endroit soit « parfait » ? Tout d’abord, personne ne lance d’appels (Seeeee-veeeeeen Ooooooooooaks !..) dans les rues. Ensuite, la programmation musicale manque cruellement des tubes francophones qui font la réputation de la Kokarde, un subtil mélange de vieux titres pourris des années 80 et de variétés françaises actuelles; leur substitution par de la chanson néerlandophone laissant vraiment à désirer. Heureusement que nos amies Britney, Kylie et autres Shakira sont des « artistes » internationales ! Enfin, et c’est à nouveau un commentaire personnel, le Seven Oaks gagnerait beaucoup à accueillir des vraies danseuses (de rock et/ou de salsa). En effet, si la gente féminine est bien présente (au moins autant qu’à Cachan et même probablement plus), pas moyen de trouver une cavalière digne de ce nom. [Un grand merci quand même à Virginia, une des post-docs espagnoles du labo, tout à fait (et même parfois un peu trop) prête à essayer d’apprendre à danser la salsa !]

Sur ce, je retourne me coucher !

(*) Pour ceux qui l’ignoreraient, la Kokarde, institution mythique de Cachan, est la « boîte de night » du campus de l’ENS, située sous l’amphithéâtre principal et atteignant son pic de fréquentation les mardis et jeudis soirs à partir de minuit.

samedi 27 octobre 2007

Shopping à Anvers

Après une fin de semaine riche en manips [une nouvelle fois, je quitte le labo vendredi soir après 20 heures], la perspective d’un week-end en Belgique est fort sympathique et quand en plus, on me propose de participer à une virée shopping, tout s’annonce très bien.

Bizarrement, depuis que je suis arrivé à Leuven, Linh, la post doc sino-australienne qui fait partie du groupe de filles avec qui je vais manger les midis [ce qui me fait penser que je ne vous ai jamais parlé des recherches secrètes qui m’occupent pendant la pause déjeuner sur l’étrange sex-separation qui semble se produire tous les midis au labo, les garçons allant manger des sandwichs alors que les filles (et moi !) allons souvent manger un vrai repas chaud] a décidé qu’il fallait ab-so-lu-ment qu’on aille faire du shopping ensemble. [Je ne vois vraiment pas d’où cette réputation de « fashion victim » peut me venir (??), et encore moins comment elle peut me précéder !..].

Ce matin, nous prenons donc la décision d’aller faire les magasins à Antwerpen (Anvers). Pour dresser un rapide tableau, Anvers est une ville flamande au nord de Bruxelles (45 km de Leuven), c’est la capitale diamantaire et un des plus grands ports du monde et la deuxième ville la plus importante en Belgique mais c’est surtout un des meilleurs endroits pour faire du shopping en Belgique, en particulier la rue De Meir qui est notre première (et finalement) unique destination du jour. Cette rue est une grande rue piétonne, noire de monde en ce samedi après midi, bordée à droite et à gauche par les grandes enseignes qu’on trouve partout dans le monde, ainsi que des marques plus locales et quelques animations telles qu’un défilé de mode sur la plateforme d’un bus. Nous rentrons dans un nombre quasiment surhumain de magasins et je finis par trouver un pantalon … chez Springfield, soit mon magasin préféré (en France !) où ils acceptent même ma carte de fidélité ! [de l’utilité d’aller si loin …]

Avant de rentrer, nous dinons à coté de la maison du peintre flamand Rubens, c’est dire qu’il va falloir retourner dans cette ville avec d’autres objectifs que commerciaux.

Ce soir, nous allons boire un verre à Leuven, je vais donc vous laisser pour le moment …

jeudi 25 octobre 2007

Que des premières !..

Encore une journée vécue à cent à l’heure !.. Finie la biblio, je rentre maintenant dans le vif de l’action avec des premières manips « pour de vrai » ! Objectif du jour, imager des petits plasmides d’ADN avec un colorant intercalant fluorescent, le YOYO ! Je manipe toujours en tandem et dans la bonne humeur (voire la franche rigolade) avec Ania et nous sommes assez complémentaires : je joue le biologiste qui calcule les concentrations et manie le pipette-man pendant qu’elle tient le rôle de l’intrumentatrice sur le microscope. Pour préparer les échantillons, on n’est pas trop de deux, surtout quand il faut subir les foudres de tout le laboratoire parce qu’on a malencontreusement ouvert le flacon de β-mercaptoéthanol hors de la hotte (quiconque n’a pas manipulé ce thiol ne peut pas avoir idée de la mauvaise odeur persistante de cette horreur) et - quand on arrive à empêcher le nouvel étudiant de nous aider et de nous polluer nos belles manips de contrôle en « oubliant » de changer de cône entre deux ajouts - on tient un bon rythme et les première images sont très satisfaisantes. A confirmer demain, mais pour le moment, c’est très positif !

Deuxième point très positif de la journée, je me suis rendu ce soir à mon « évaluation » de cavalier afin de pouvoir monter dans le manège que je suis allé visiter mardi dernier. La petite jument qui m’est attribué au travail est toute mignonne, mais elle a pris la mauvaise habitude de refuser catégoriquement d’aller dans un des coins de la piste, et quand je dis catégoriquement, elle est plutôt prête à se cabrer qu’à accepter d’y aller. J’emploie la méthode douce en lui parlant beaucoup, en l’encourageant et en l’occupant à autre chose qu’à se rendre compte qu’elle va dans le « coin de tous les dangers ». Cela a pour double effet de la rassurer d’une part et d’autre part de convaincre mon nouveau moniteur que je sais suffisamment bien monter à cheval pour qu’il me la confie dès que j’aurais le temps de venir la monter. A la fin de la reprise, mon surnom a déjà glissé de JAS vers Jos qui est accessoirement le prénom du meilleur cavalier belge, l’ancien champion Olympique Jos Lansink. On fait pire comme surnom dans un manège !..

Comme vous pouvez le constater donc, tout va pour le mieux en Belgique ! A très vite !...

mercredi 24 octobre 2007

Spoiler Desperate Housewives Saison 4

Avant d’aller trop vite, je voudrais commencer par une petite précision lexicale, comme ça, vous ne pourrez pas dire que vous n’avez pas été prévenus. En anglais (et donc en vocabulaire d’amateurs de série), un « spoiler » est une information qui indique un rebondissement (voire même la fin) ou une nouvelle importante concernant une série. Ces spoilers divisent les vrais fans qui sont intérieurement partagés entre l’envie de savoir et le risque de se voir gâcher (to spoil) la surprise. Il existe deux types de spoilers, ceux qui interviennent avant la première diffusion de la série (ou de l’épisode) et qui sont donc a priori invérifiables; et ceux qui sont lancés par les chanceux qui ont pu voir la première diffusion de la série (avant leurs interlocuteurs) et qui sont donc normalement plus sérieux.

J’étais revenu de mon voyage aux États-Unis cet été avec un spoiler de type I. En effet, des rumeurs insistantes annonçaient l’arrivée d’un couple un peu « particulier » à Wisteria Lane puisqu’il devait être formé de David Beckham et … Robbie William, rumeurs qui étaient même quasiment confirmées du bout des lèves par Mark Cherry, le créateur de la série et que j’avais eu l’occasion de transmettre à certains d’entre vous.

Maintenant que j’ai vu l’épisode 4 de la 4ème saison (à peu près autour de la 4ème minute), je suis en mesure de vous révéler un spoiler de type II … mais il est encore temps pour vous de passer votre chemin … Trop tard, vous avez continué à lire. Et bien ce spoiler, c’est que seulement la moitié de l’information était exacte, et encore quand je dis la moitié, c’est vraiment une toute petite moitié puisque effectivement, seule l’info qu’un couple homo s’installait à Wisteria Lane était vraie. En effet, Beck’ a probablement été retenu aux LA Galaxies, son nouveau club de foot et Rob’ est probablement pris par une prochaine tournée car les deux acteurs retenus sont en fait Kevin Rahm et Tuc Watkins (a priori beaucoup moins people que les deux pressentis …)

Enfin, pour conclure et ce n’est déjà quasiment plus un spoiler, la saison 4 s’annonce vraiment excellente !..

Single molecule … matériel unique …

Aujourd’hui, ça y est, je rentre dans le concret des manips, de mes manips contrairement à la dernière fois où je m’étais contenté de regarder les petites bactéries de Katinka et Elen. Pour commencer, et en prévision des vraies manips de demain, une première manip de haut vol : préparer un tampon, le plus simple possible ou presque (10 mM de Tris, 1 mM d’EDTA)

Normalement, à partir d’une solution molaire de Tris et du pot d’EDTA, il faut environ 5 minutes pour prélever 1mL de la solution stock, l’ajouter à 99 mL d’eau distillée et ajouter quelques 30 mg de la poudre blanche …Cette estimation est faite sans compter le fait que maintenant, je travaille dans le monde merveilleux de la molécule unique et que toute contamination de quelque sorte que ce soit doit être évitée à tout prix, ce qui complique un peu l’affaire. En effet, toute la verrerie doit subir au préalable un long traitement afin d’obtenir un lavage le plus efficace possible, à base de plusieurs bains d’acétone, de soude concentrée et d’eau ultrapure, d’étapes de sonication et d’ozonation. Ania, la thésarde polonaise avec qui je fais les manips m’a dit qu’elle a tout prévu.

Tout, enfin presque !.. En effet, le premier problème se pose déjà pour prélever les 99 précieux millilitres d’eau « milliQ ». En effet, il n’y a ni pipette ultrapropre, ni éprouvette ultrapropre, ni fiole jaugée ultrapropre … Qu’à cela ne tienne, on va peser la masse de liquide équivalente. Je dispose donc le flacon (ultrapropre !) sur la balance, le tare et rajoute à la louche (ici, pas besoin de la laver, c’est juste une expression !) 90 mL d’eau. La masse indiquée est alors ---, dommage, le flacon rempli d’eau dépasse la limite de la balance ! [Premier fou-rire commun]. Il va donc falloir faire autrement, avec deux flacons (coup de bol, on en a deux propres !). J’arrive donc à prélever 60 mL d’eau dans l’un, 39 mL d’eau dans l’autre avant de les rassembler dans le même flacon.

Aucune difficulté pour prélever le millilitre de la solution stock, en effet, les cônes sont autoclavés et donc on peut utiliser un classique « pipette-man ».

Là où ça se gâte vraiment, c’est pour peser les 30 mg d’EDTA. En effet, en plus du fait que la masse est très faible, il faut la prélever sans utiliser de papier à peser (sale) et surtout sans utiliser de spatule métallique (métal=particules de poussière=ennemi de la molécule unique !) [Début du deuxième fou rire]. Faut-il en plus faire ça avec des moufles, les yeux fermés ? Ania me propose une tige de verre (ultrapropre) qui n’a rien de contendant et un petit flacon à l’embouchure étroite. A ce stade là, je me rends compte que l’expression « aussi avancé qu’une poule qui aurait trouvé un couteau » existe aussi en polonais !.. Pour m’aider [à arrêter de rire] Ania verse d’un geste leste de la poudre dans le flacon. Verdict : on a environ 20 fois la quantité voulue, sans compter tout ce qui est tombé sur la table. Petit à petit [et entre deux crises d’un rire qui tourne presque aux larmes pour tous les deux], je vide le surplus, en rajoute trop, en réenlève, en rajoute puis (par chance) arrive pile sur la bonne valeur.

A partir de là, il faut vérifier le pH en sachant par avance que l’n ne dispose pas d’acide suffisamment pur (SM-grade et contrairement à ce qu’on pourrait croire, SM signifie ici Single Molecule) pour l’ajuster si le pH n’est pas celui attendu. Heureusement, celui-ci n’est pas trop loin et on peut donc stocker notre précieux tampon au frigo pour demain.

Bilan des courses, presque deux heures de manips, dans la bonne humeur pour faire un tampon qui aurait pu nous prendre 5minutes dans la « vraie vie ». Entre parenthèses, pour la prochaine fois, je vais quand même nettoyer un peu de verrerie (même si c’est très fastidieux) histoire de perdre un peu moins de temps à préparer les prochains tampons.

Bienvenue dans le monde merveilleux de la molécule unique !..